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Pages "taguées" Anderlecht sur BX1, télé régionale bruxelloise francophone
Articles
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Des tirs entendus cette nuit avenue Clémenceau : “Nos inspecteurs ont retrouvé sur place quelques douilles”
26 avril, par Maxime Dieu
Des tirs ont été entendus cette nuit à Anderlecht, confirme la police cet après-midi.
Des coups de feu ont été tirés à Anderlecht dimanche matin, a annoncé la zone de police Midi. Aucun blessé n’est à déplorer. “Nos services ont été appelés vers 06h00, car des tirs avaient été entendus avenue Clémenceau“, explique la police.
“Nos inspecteurs ont retrouvé sur place quelques douilles, mais aucun blessé. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances des faits.”
Belga – Photo : Belga Image
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Un arrêté pour limiter l’accueil à 170 personnes au Samusocial à Anderlecht
24 avril, par Jimmy Foucault
Le bourgmestre d’Anderlecht, Fabrice Cumps (PS), a pris un arrêté visant à limiter la capacité du centre Poincaré du Samusocial de 280 à 170 places maximum à partir du lundi 27 avril.
Cette décision intervient alors que la situation sécuritaire dans le quartier s’est fortement dégradée ces dernières semaines, avec plusieurs faits graves ayant nécessité des interventions policières. Depuis plusieurs mois, le quartier a été le théâtre de nuisances répétées, ont indiqué les autorités communales. Des riverains et des opérateurs économiques ont dénoncé des bagarres, parfois avec armes blanches, ainsi que des comportements agressifs liés à la consommation d’alcool ou de stupéfiants. Les interventions de la police se sont multipliées, traduisant une tension accrue dans et aux abords du centre, “bien qu’il faille reconnaître que toutes les difficultés de sécurité ne soient pas liées à la présence du centre“, dit encore la commune.
Selon le bourgmestre, “le nombre de bénéficiaires accueillis au centre Poincaré contribue clairement à la tension accrue dans le quartier et l’augmentation significative des faits de violence“. De son côté, le Samusocial précise que la violence dans le quartier atteint un niveau insoutenable, et que s’il y a des incidents liés au centre, d’autres ne le sont pas directement et d’autres encore ne concernent pas les personnes hébergées dans le centre.
Parallèlement, la commune demandé la mise en place immédiate d’une zone de surveillance renforcée de type “Vigilis”, ainsi que la présence permanente d’une société de gardiennage. Le Samusocial souligne être en contact avec la commune depuis plusieurs semaines et que plusieurs mesures étaient déjà en place ou en cours de préparation comme l’arrêt de l’accueil d’urgence après 22h00 si des lits étaient disponibles, un service de gardiennage et l’augmentation du nombre de places (30 supplémentaires) au centre WTC. A partir du 5 mai, le Samusocial scindera également en deux groupes l’accueil des hommes isolés: l’abri d’urgence au WTC et l’accompagnement à Poincaré. “Ce qui permettra de stabiliser à Anderlecht avec des personnes qui restent plus longtemps. La commune a voulu frapper plus vite et plus fort avec cet arrêté. Nous l’appliquerons évidemment mais cela veut dire que pendant une semaine, ce sont 100 personnes qui resteront dehors chaque jour. 100 places, c’est une chute abrupte. Sachant que déjà aujourd’hui, sur trois demandes d’hommes isolés on en refuse deux, le nombre de refus va encore augmenter,“nous explique-t-on.
Le Samusocial insiste par ailleurs sur une réflexion régionale avec les 19 communes pour mieux répartir les centres d’hébergement et diminuer la pression, notamment dans le quartier Poincaré. Fabrice Cumps a plaidé dans le même sens pour une répartition plus équilibrée de l’accueil des personnes en errance à l’échelle régionale, soulignant qu’Anderlecht accueille déjà un nombre important de centres d’hébergement d’urgence.
Les autorités communales ont également rappelé que la mission du Samusocial reste essentielle pour l’accueil des personnes vulnérables et estimé que la concentration de structures d’hébergement dans une zone déjà fragilisée n’est plus tenable.
BX1 avec Belga
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Football : défaite d’Anderlecht face à Saint-Trond (2-0)
24 avril, par Camille Tang Quynh
Saint-Trond s’est imposé 2-0 face à Anderlecht jeudi lors de la 4e journée des Champions Playoffs. Les Canaris ont décroché leur première victoire dans ces playoffs et pointent à la 3e place avec 33 points. Anderlecht est 4e, avec 28 unités.
Saint-Trond a commencé la rencontre pied au plancher en se créant le premier danger après seulement cinq minutes de jeu. Ryotaro Ito a pénétré dans la surface bruxelloise, mais son tir est passé à côté du cadre. Les Mauves se sont ensuite directement projetés en contre-attaque, et le gardien trudonnaire Leo Kokubo a dû se déployer pour repousser le tir d’Adriano Bertaccini depuis l’entrée du rectangle.
Dominateurs, les Canaris ont ensuite vu les tirs d’Ilias Sebaoui (8e) et Ito (21e) repoussées par Colin Coosemans. Peu avant la demi-heure, Keisuke Goto est passé proche de l’ouverture du score, mais l’attaquant japonais a vu son s’écraser sur l’extérieur du poteau (26e). Face aux offensives limbourgeoises, Coosemans a encore maintenu les siens dans la rencontre en s’interposant sur une reprise de Sebaoui au second poteau (41e).
Au retour des vestiaires, les Mauves ont repris l’ascendant dans les échanges mais sans parvenir à tromper la vigilance de Kokubo qui a d’abord vu un tir de Bertaccini à côté de son but (58e), avant de s’interposer face à Mihajlo Cvetkovic (64e).
Les hommes de Wouter Vrancken ont finalement pris l’avantage sur un but de Goto, à la réception d’un centre d’Ito dans la surface (75e, 1-0). Ryan Merlen a doublé la mise au bout du temps additionnel (90e+2). Les Canaris ne s’étaient plus imposés face aux Bruxellois depuis près de 7 ans et demi, et une victoire 4-2 le 25 novembre 2018.
Belga
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Les bourgmestres de la zone Midi répondent aux propos de Bernard Quintin sur la lutte contre le trafic de drogue : “C’est choquant et non conforme à la réalité”
21 avril, par Camille Gnonsian
Les bourgmestres d’Anderlecht, Forest et Saint-Gilles contestent les propos de Bernard Quintin sur la lutte contre le trafic de drogue.
Les bourgmestres socialistes d’Anderlecht, Fabrice Cumps, de Forest, Charles Spapens, et de Saint-Gilles, Jean Spinette, ont écrit au ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, Bernard Quintin (MR), pour dénoncer des propos qu’ils jugent contraires à la réalité sur la lutte contre les trafics de drogue dans la zone Midi.
Les trois maïeurs ont réagi à des déclarations publiées le 20 avril dans Le Soir et répétées mardi sur La Première. Bernard Quintin y a, entre autres, affirmé que “la situation est celle qu’elle est car pendant des années ces mêmes personnes ont renoncé à la sécurité. De renoncement en renoncement, on en est arrivé à la situation actuelle”.
► Bonjour Bruxelles | Jean Spinette estime que la Belgique est naïve face aux mafias qui sévissent : “Ce n’est pas du cinéma, c’est réel”
Les signataires rappellent que, depuis 2012, Anderlecht, Forest et Saint-Gilles ont versé des moyens financiers supplémentaires à la zone de police Midi, en plus de leurs dotations de base, afin de renforcer la présence de terrain dans des quartiers confrontés à la vente et à la consommation de stupéfiants. Ils citent notamment le financement durant de longues années des kobans – mini-antennes de police – et l’augmentation régulière des dotations communales .
Selon eux, il n’y a pas eu de désengagement, mais une adaptation du dispositif policier, élargi à l’ensemble du territoire de la zone, ainsi qu’un renforcement des collaborations avec le parquet et la police judiciaire fédérale .
Ils contestent par ailleurs le lien établi entre une réforme locale et la hausse de l’insécurité, estimant que celle-ci s’inscrit dans une tendance plus large observée à l’échelle européenne, marquée par une augmentation du trafic et de la consommation de stupéfiants.
“On ne peut pas laisser dire que c’est parce que nous aurions décidé de brider les policiers que nous en serions là aujourd’hui. Par communautarisme ou clientélisme, c’est choquant et non conforme à la réalité”, a résumé Jean Spinette, s’exprimant également au nom de ses deux collègues.
Belga – Photo : Belga
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“Nous n’en pouvons plus” : les habitants de Cureghem appellent le Roi et la Reine à l’aide
21 avril, par Julien Cambier
Depuis des années, les habitants de Cureghem alertent sur la dégradation des conditions de vie dans leur quartier. Cette fois, ils ont décidé d’interpeller directement le couple royal “au sujet de la situation devenue invivable” dans cette partie d’Anderlecht.
Signé par 220 riverains, le courrier revient sur les nombreux problèmes qui gangrènent le quartier. Trafic et consommation de drogues, violences, incivilités, manque de propreté, font partie de la liste des griefs. “Au quotidien, nous faisons face à des scènes qui ne devraient jamais devenir ordinaires : cris, hurlements, bagarres liées au deal, dépôts clandestins, sacs-poubelles éventrés sur la voie publique, personnes urinant et déféquant dans l’espace public, présence de seringues souillées, de feuilles d’aluminium, de pailles et d’autres traces manifestes de consommations. Rue après rue, le quartier donne l’image d’un territoire laissé à lui-même.”, expliquent les riverains.
■Reportage de Simon Breem et Yannick Vangansbeek
Des opérations sont mises en place pour tenter de redresser la situation. Début avril, la commune d’Anderlecht organisait une nouvelle édition de l’opération “Quartier Net”. Quelques jours après, nos équipes constataient que les rues étaient à nouveau jonchées de détritus. De la même manière, les signataires dénoncent une présence policière accrue après une fusillade, mais qui ne perdure pas dans le temps. Le groupe de riverains demande dès lors des plans structurels et à long terme pour endiguer la dégradation du quartier.
►Lire aussi | La police lance un appel à témoins après une fusillade à Anderlecht le 19 mars
La lettre complète :
“À Leurs Majestés le Roi et la Reine,
À Mesdames et Messieurs les Ministres, Secrétaires d’État, Parlementaires, Bourgmestres, Échevins et mandataires publics concernés,
Aux autorités communales, régionales, fédérales et judiciaires compétentes,
Aux cabinets ministériels, aux administrations concernées, ainsi qu’aux médias,À nos voisins et voisines,
Nous vous écrivons aujourd’hui pour vous adresser un appel solennel au secours au sujet de la situation devenue invivable à Cureghem, à Anderlecht.
Depuis des années, les habitantes et habitants alertent, signalent, interpellent, témoignent. Depuis des années, les constats s’accumulent sur la dégradation du quartier, et depuis des années, le sentiment dominant est celui de parler dans le vide. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les interpellations citoyennes disponibles sur le site de la commune d’Anderlecht, ou de parcourir les très nombreux articles de presse consacrés à la situation de Cureghem. Aujourd’hui, les citoyens se sentent abandonnés.
Cureghem n’est pourtant pas un quartier sans valeur. C’est un quartier central, stratégique, vivant, profondément humain, riche de sa diversité, de ses solidarités, de ses voisinages et de ses habitants. C’est un quartier avec un potentiel immense. Mais ce potentiel est aujourd’hui gravement compromis par une accumulation de phénomènes qui rendent la vie quotidienne de plus en plus difficile, voire impossible : trafic de stupéfiants, grande précarité, incivilités répétées, saleté structurelle, agressions, vols en pleine rue et en plein jour, insécurité, dégradation de l’espace public, sentiment d’impunité.
Au quotidien, nous faisons face à des scènes qui ne devraient jamais devenir ordinaires : cris, hurlements, bagarres liées au deal, dépôts clandestins, sacs-poubelles éventrés sur la voie publique, personnes urinant et déféquant dans l’espace public, présence de seringues souillées, de feuilles d’aluminium, de pailles et d’autres traces manifestes de consommations. Rue après rue, le quartier donne l’image d’un territoire laissé à lui-même. Nous croisons chaque jour des personnes en errance et en situation de dépendance, dans une détresse humaine extrême, livrées à elles-mêmes dans un quartier déjà saturé de nuisances et de déchets. Cette misère sociale appelle évidemment une réponse digne, humaine et structurelle. Mais sa concentration dans un même périmètre, sans réponse suffisante sur le fond, contribue aujourd’hui à une dégradation générale de la qualité de vie, de la sécurité et de la dignité de toutes et tous.
À cela s’ajoute une autre réalité : les marchands de sommeil. Favorisée par la concentration de la précarité sociale, la vulnérabilité de nombreux habitants et une tolérance administrative persistante, la prolifération des marchands de sommeil qui mettent les habitants dans des conditions de vie indignes, contribue également à la dégradation continue du cadre de vie. Certaines occupations irrégulières de logements, notamment par le biais de sous-locations non autorisées, engendrent des nuisances, des troubles de voisinage et des problèmes de sécurité persistants. Les réponses institutionnelles actuelles peinent à apporter des solutions réellement efficaces, ce qui fragilise davantage la qualité de vie dans le quartier et génère des difficultés importantes pour des propriétaires respectueux des règles élémentaires en matière de conditions de logement.
Dans ces contextes, la mise en place d’un cadre clair, contraignant, s’impose comme une nécessité. Un cadre qui garantirait l’application stricte et équitable du RRU, sans tolérance variable ni interprétation opportuniste. Un cadre qui poserait clairement des procédures d’intervention définies, auxquelles les autorités ne pourraient pas s’y soustraire ou en retarder l’exécution. Un tel cadre permettrait à la fois de protéger les habitants, dont la sécurité et la qualité de vie sont aujourd’hui gravement compromises, de soutenir les propriétaires de bonne foi et de fixer des instructions, démarches et procédures claires et efficaces, faisant gagner un temps précieux à l’ensemble des acteurs concernés.
La mise en place d’un cadre clair définissant précisément les procédures, démarches et délais applicables aux demandes de permis d’urbanisme permettrait d’en réduire également la durée et les coûts fort onéreux, tout en améliorant la lisibilité et l’efficacité de l’action administrative. Un tel cadre devrait prioritairement orienter les moyens vers les projets de rénovation à venir, visant une amélioration effective et durable des conditions de logement, plutôt que vers des mises en conformité a posteriori. Ces dernières étant fréquemment sollicitées par des exploitants ou propriétaires ayant tiré des bénéfices de biens maintenus pendant de longues périodes en situation d’infraction, au détriment d’une approche préventive et qualitative du bâti.
Dans les rues, au quotidien, des enfants, des adolescents, des familles, des personnes âgées sont confrontés à des scènes qu’aucun habitant ne devrait avoir à banaliser : actes sexuels en pleine rue, consommation et échanges de stupéfiants à ciel ouvert, comportements agressifs, intimidations, tensions permanentes. Dans la nuit du 31 mars, plusieurs habitants ont à nouveau entendu des tirs. Le lendemain, nous apprenions qu’une personne avait été blessée. Ces faits ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans une dynamique de dégradation profonde et répétée.
Être piéton dans le quartier est devenu, pour beaucoup, une source de stress permanent. Le soir, nombre d’habitants n’osent plus sortir sereinement. On ne flâne pas à Cureghem ; on le traverse en accélérant le pas. On apprend à éviter, à contourner, à se taire. Cette adaptation silencieuse à l’anormal ne peut pas devenir la norme dans la capitale de la Belgique et de l’Europe.
Nous sommes les habitants de ce quartier. Nous sommes des familles, des enfants, des aîné·es, des travailleur·euses, des étudiant·es, des indépendant·es, des demandeur·euses d’emploi, des enseignant·es, des médecins, des artistes, des ouvrier·ères, des entrepreneur·euses, des travailleurs sociaux et des travailleuses sociales. Nous sommes belges, européens, issus de multiples origines, francophones, néerlandophones, multilingues. Nous sommes la réalité humaine de Cureghem. C’est nous qui vivons derrière les façades. C’est nous qui subissons l’usure quotidienne, la peur, l’épuisement, les nuisances et la dégradation de notre cadre de vie.
Oui, il y a ici un problème de laisser-faire, et ce problème ne date pas d’hier. À force d’inaction, de réponses insuffisantes ou trop ponctuelles, un territoire entier est devenu particulièrement favorable à des formes d’illégalité visibles et récurrentes. Les points de deal sont connus. Les attroupements sont visibles. Les agressions sont nombreuses et les vols fréquents. Cureghem est aussi devenu, dans les faits, un lieu où le blanchiment d’argent semble pouvoir prospérer dans une forme de tolérance générale.
On nous répond souvent qu’il faut remonter les filières, viser les réseaux, frapper les structures criminelles plutôt que les exécutants de rue. Nous comprenons cette logique. Mais pendant ce temps, ce sont les habitants qui vivent au contact direct de ce désordre et qui en supportent les conséquences immédiates. Il n’est plus acceptable que l’on se retranche derrière ces raisonnements pendant que, sur le terrain, les dealers occupent l’espace public sans même sembler inquiétés.
Une présence policière constante, visible, durable, avec des patrouilles à pied, à vélo et une occupation réelle du terrain, est indispensable. Nous refusons une gestion par à-coups : quelques jours d’attention après une fusillade, puis le retour à l’abandon. Nous demandons une stratégie durable, coordonnée, évaluée, qui protège réellement les habitants et restaure l’autorité publique dans l’espace commun. Nous demandons également une réponse sérieuse à toutes les incivilités qui minent le quartier, des plus petites aux plus graves. Nous demandons aussi une véritable politique d’accompagnement des personnes en situation de dépendance, qui ne se limite ni à la simple gestion de l’urgence. À cet égard, une réflexion profonde et honnête s’impose sur la manière dont a été concentrée, dans et autour de ce quartier, une population sans abri souvent immigrée et extrêmement vulnérable, notamment aux abords de la Gare du Midi. On présente trop souvent cette situation comme un simple phénomène spontané. Mais ce que nous constatons, c’est bien une concentration active, tolérée, organisée dans les faits, produite par des choix et des non-choix publics. Cette concentration surcharge les structures d’accueil locales, crée des tensions, livre des personnes à elles-mêmes, les expose très facilement à la drogue et attire mécaniquement les dealers qui profitent de cette vulnérabilité. Il suffit de passer sous le pont de la Gare du Midi pour mesurer à quel point cette situation est devenue scandaleuse et inhumaine. L’image renvoyée par la Gare du Midi, porte d’entrée de Bruxelles, de la Belgique et de l’Europe est indigne d’une capitale qui prétend incarner l’exigence européenne et la cohésion sociale.
Cureghem ne souffre pas seulement d’insécurité. Le quartier souffre aussi d’une saleté devenue structurelle, d’une dégradation esthétique et urbaine permanente, d’un manque de soin visible dans l’espace public et d’un déficit d’attention qui finit par produire un message terrible : ici, tout peut se dégrader, et cela n’émeut plus que les habitants. Les trottoirs sont sales, les tags nombreux, les espaces publics trop souvent négligés, les façades parfois abandonnées, les infractions urbanistiques légion et impunies. Tout cela participe à un sentiment général de relégation. Une caméra Rue Docteur De Meersman pour lutter contre les dépôts clandestins a été rapidement arrachée à peine après avoir été installée et n’a jamais été remplacée. Même si cette caméra avait vocation à bouger, ne pas la remplacer contribue au maintien de ce sentiment qu’ici tout est permis. Nous apprenons aujourd’hui qu’un budget serait débloqué pour installer des caméras dans le cadre de la lutte contre les déchets. Ces moyens doivent aussi être mobilisés au service de la sécurité des habitants.
Cureghem est un quartier qui se distingue par une générosité rare. Ici, la solidarité n’est pas un slogan. Elle se vit tous les jours. Ici, si quelqu’un a un problème, ce n’est pas un voisin ou une voisine qui tend la main, mais plusieurs. Ici, la diversité ne détruit pas le lien social : elle le nourrit. C’est précisément pour cela que nous refusons d’abandonner ce quartier à son sort. Nous ne voulons pas partir. Nous voulons pouvoir y vivre dignement. Nous l’aimons, et c’est pour cela que nous tirons aujourd’hui une ultime sonnette d’alarme.
Cela fait trop longtemps que nous exprimons notre colère, notre fatigue, notre peur et notre découragement. Conseil communal après conseil communal, interpellation après interpellation, les alertes remontent. Plusieurs hommes et femmes politiques font partie de groupes WhatsApp créés par des citoyens et des citoyennes pour tenter de faire évoluer la situation, la situation est connue. Nous avons également interpellé plusieurs partis anderlechtois sur la situation du quartier et sur l’importance de créer un véritable Plan Cureghem. L’une des réponses reçues fut la suivante : « Etablir un plan “Cureghem” s’expose au risque de stigmatiser ses habitants et mécontenter les habitants des autres quartiers qui estiment, à juste titre, qu ’Anderlecht ne se limite pas uniquement à Cureghem dont ils entendent déjà trop parler”. » Cette réponse est, à elle seule, profondément révélatrice. Lorsqu’un quartier s’enfonce à ce point, la priorité ne devrait pas être de craindre qu’on en parle trop, mais de tout faire pour éviter qu’il continue à sombrer.
Venez constater la situation, seul, à pied, le soir, dans les rues de Cureghem : rue Brogniez, avenue Clemenceau, rue de la Clinique, rue de l’Autonomie, rue Docteur De Meersman, rue Otlet, square Pequeur, et bien d’autres encore. Venez voir. Venez entendre. Venez sentir. Venez constater ce que nous vivons. Et vous comprendrez.
Si nous en sommes désormais à interpeller ensemble l’ensemble du monde politique, les plus hauts niveaux de l’État, les autorités à tous les échelons et la presse, c’est parce que les citoyens sont à bout. C’est parce que la situation ne cesse d’empirer. C’est parce que nous refusons de voir notre quartier devenir durablement invivable dans l’indifférence générale.
C’est pourquoi nous demandons solennellement :
– Un plan d’action d’urgence pour Cureghem, coordonné entre les niveaux communal, régional et fédéral.
– Une présence policière et de terrain réellement durable, visible et évaluée, avec des patrouilles à pied ou à vélo, ainsi qu’un dispositif de surveillance par caméras là où cela est nécessaire pour garantir la sécurité.
– Une reconquête effective et au long cours de l’espace par l’autorité publique, les habitants et les usages légitimes face aux dealers.
– Une intolérance effective face aux incivilités, aux violences et aux trafics, avec suivi dans le temps.
– Une politique structurelle de prise en charge des dépendances et de la grande précarité, qui ne repose pas sur la seule concentration géographique.
– Un renforcement réel de la lutte contre les marchands de sommeil, les logements indignes, le blanchiment d’argent, les circuits opaques et les formes d’exploitation qui prospèrent sur la misère.
– Un plan massif de propreté, de réparation, d’embellissement de l’espace public et de contrôle urbanistique.
– Un suivi public et transparent des actions entreprises et de leurs résultats.
Vous trouverez en pièces jointes de nombreuses photographies de déchets, d’encombrants et de scènes d’abandon dans différentes rues du quartier. Ces images de poubelles éventrées, méticuleusement éparpillées, de trottoirs souillés et d’espaces publics dégradés ne sont pas de simples scènes de saleté : elles sont la conséquence et le reflet de la situation dramatique à Cureghem.
Ceci est un appel à l’aide.
Nous n’en pouvons plus. Depuis des années, nous alertons, témoignons, écrivons, interpellons les élus, les autorités et la presse. Et pourtant, la situation continue d’empirer.
Nous vous demandons de nous entendre.
Nous vous demandons de constater.
Nous vous demandons d’agir.
Nous vous demandons de ne plus laisser Cureghem seul face à son abandon.Venez-nous en aide.”