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Foyer anderlechtois : le collège communal d’Anderlecht écarte la suspension de Lotfi Mostefa
2 juin, par Vincent Schmitz
Le collège communal d’Anderlecht a décidé ce mardi matin que le président du Foyer anderlechtois, Lotfi Mostefa, ne devait ni “se mettre en retrait” ni être entendu, annoncent Bruzz et La Libre Belgique.
Selon les révélations d’un reportage récent de l’émission “Pano” (VRT), basé sur des témoignages, des messages et échanges vocaux tendent à accréditer la thèse selon laquelle le président du Foyer anderlechtois et échevin du logement Lotfi Mostefa (PS) aurait exercé une influence sur certaines attributions de logements sociaux. Malgré la demande des échevins MR et Engagés de la commune qui exigeaient que Lotfi Mostefa “se retire de la présidence du Foyer anderlechtois le temps de l’enquête” et la “suspension de ses attributions en matière de logement communal”, le collège échevinal a décidé que de telles mesures n’étaient pas nécessaires.
► Dossier | Nos articles sur le Foyer anderlechtois
“Nous avons examiné si cela apporterait une valeur ajoutée à l’enquête judiciaire et à la commission d’enquête parlementaire, et finalement, la majorité a décidé que non“, précise le bourgmestre Fabrice Cumps (PS) à Bruzz. “Il existe des divergences d’opinions au sein du collège, mais c’est la majorité qui décide“.
Selon la Libre, le MR et Les Engagés ont tenté d’obtenir l’audition de l’échevin Mostefa mais celle-ci a également été écartée, par les voix du PS et de Vooruit, qui siègent au collège avec le MR et Les Engagés.
► Reportage | Foyer anderlechtois : une commission d’enquête limitée à sept semaines
La commission des Affaires générales du Parlement bruxellois s’est prononcée lundi en faveur de la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire au sujet du dossier de l’attribution de logements sociaux au Foyer anderlechtois, par six voix pour en provenance de la majorité, et 9 abstentions, dont trois du PS, partenaire de la majorité. Elle devra rendre ses conclusions au 21 juillet. On se dirige donc vers la création d’une commission d’enquête au départ de la proposition mise sur la table par Imane Belguenani (Anders), soutenue par le MR, sur “les irrégularités au sein du Foyer anderlechtois”. D’autres (Ecolo et DéFI d’une part; la N-VA de l’autre) avaient mis leur propre proposition sur la table, mais la majorité a préféré se concentrer sur celle provenant du camp libéral.
► Interview | Délai trop court, Lotfi Mostefa et gouvernement en crise : Loubna Azghoud (MR) répond aux critiques
Le texte a été amendé notamment en fixant un délai très court d’à peine quelques semaines (maximum 5 à 6 semaines pour procéder à des auditions et à des recommandations), ce qui a été épinglé par Zakia Khattabi (Ecolo), Bernard Clerfayt et Jonathan de Patoul (DéFI). Ceux-ci subodorent dans ce timing un moyen d’évacuer rapidement le sujet et de passer à autre chose. Plus largement, l’opposition a pointé, dans le texte adopté, un affaiblissement de la proposition qui émanait de ses propres rangs. Pour certains observateurs, le MR aurait cédé aux pressions du PS en acceptant une commission réduite et vidée de sa substance.
Du point de vue judiciaire, le parquet de Bruxelles a décidé d’ouvrir une nouvelle enquête, la quatrième, puisque le parquet en menait déjà trois à propos du Foyer, dont une se trouve à l’instruction. Des perquisitions ont eu lieu jeudi dernier dans les locaux de la société de logements sociaux Foyer anderlechtois et au domicile de son président. Une perquisition a également eu lieu à la commune d’Anderlecht.
► Lire aussi | Des perquisitions menées au Foyer anderlechtois, au domicile de Lotfi Mostefa et à la commune d’Anderlecht
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Anderlecht : une réouverture du pont Marchant “à court terme n’est absolument pas envisageable”
2 juin, par Julien Cambier
Le chantier de rénovation du pont Marchant qui relie les deux rives du canal à Anderlecht reste toujours significativement enlisé.
C’est ce qu’il est ressorti mardi de la réponse apportée en commission parlementaire par la ministre bruxelloise de la Mobilité et des Travaux publics Elke Van den Brandt (Groen) à une énième question posée dans ce sens par les députés régionaux Gaëtan Van Goidsenhoven (MR) et Sevket Temiz (PS).
Erigé en 1936, cet ouvrage qui surplombe le canal, en reliant le quartier de la Petite île, une zone en plein développement urbain à la chaussée de Mons, est fermé à la circulation depuis 2014 en raison de problèmes de stabilité.
Depuis 2011, plusieurs demandes de permis de construire une nouvelle infrastructure ont été déposées successivement, mais sans jamais aboutir à une phase de concrétisation. La dernière remonte à 2018.
Pour certains riverains, ce statu quo leur va très bien. “Beaucoup de gens sont ravis ici d’avoir un lieu où il y a possibilité de s’installer tout calmement. C’est un lieu public accessible à tous qui mérite d’être défendu“, assure Remco Ruiter, du collectif “Sur le pont”. D’autres en revanche réclament qu’il soit ouvert à tous les usagers. C’est le cas de l’échevine anderlechtoise de la Mobilité Halina Benmrah (MR) : “Ce pont relie les deux rives du canal. Des milliers d’habitants sont venus s’installer ici et d’autres vont encore venir s’installer.”
►Lire aussi | Pont Marchant : le comité de concertation est favorable au retour de la circulation automobile locale
“Pas de bénéfice structurel” à une réouverture
Mardi, la ministre de la Mobilité Elke Van Den Brandt (Groen), a indiqué que l’étude d’incidences environnementale des conséquences d’une réouverture du Pont à tous les modes de transport (actuellement, seuls les usagers faibles peuvent emprunter le Pont) ne révèle “pas de bénéfice structurel à attendre“. Elle a en outre fait état d’un impact “très mitigé sur le trafic automobile potentiel” (légère diminution des flux de voitures sur les ponts proches). À contrario, il faut s’attendre à une congestion du carrefour Mons Marchant nécessitant des mesures d’accompagnement ailleurs. En revanche, la situation des modes actifs (piétons, cyclistes, …) serait “clairement dégradée“.
“Compte tenu de la dégradation avancée de l’ouvrage, une réouverture simple à court terme n’est absolument pas envisageable… Dans le projet actuellement sur la table, la configuration des aménagements et la structure portante du pont permettent que la voie dédiée à la piste cyclable puisse également être empruntée par des véhicules d’urgence, voire par d’autres véhicules motorisés dans des circonstances exceptionnelles“, a ajouté la ministre.
►Lire aussi | Fabrice Cumps (PS) : “Il faut autoriser le trafic local sur le pont Marchant”
Une demande de classement introduite en mai dernier a récemment été rejetée par le gouvernement. L’instruction peut dès lors reprendre; le dossier se trouve actuellement dans la phase finale de la procédure de demande de permis d’urbanisme, a encore dit Mme Van Den Brandt ne laissant pas entrevoir de perspective de concrétisation à court ou à moyen terme, au grand dam des députés qui l’interpellaient.
■ Reportage de Jean-Christophe Pesesse, Morgane Van Hoobrouck et Stephanie Mira
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“Ça pue à crever” : des carpes mortes gâchent la vie des riverains du quartier Marius Renard
2 juin, par Julien Cambier
Depuis un mois, les carpes du parc des Étangs à Anderlecht meurent par dizaines. Selon les riverains, la commune ne fait rien pour les évacuer.
“Encore une fois malheureusement, nous devons constater l’inactivité de la commune d’Anderlecht qui laisse des carpes mortes et vive les odeurs”, nous explique Freddy via notre bouton Alertez nous. C’est que depuis des semaines, les carpes de son quartier sont décimées, probablement par un virus propre à l’espèce car les autres poissons ne sont pas touchés. Des cadavres que la commune ne vient pas chercher selon les riverains, ou en tout cas, pas assez rapidement.
Résultat : des dizaines de carpes mortes flottent à la surface des étangs en dégageant une odeur nauséabonde qui gâche la vie des riverains. Un phénomène aggravé par les fortes chaleurs de la semaine dernière.
Opération de nettoyage
De son côté, l’échevine en charge de l’Environnement du Bien-être animal et de l’Hygiène, Françoise Carlier (MR) assure que des opérations de nettoyage sont effectuées plusieurs fois par semaine.
“Aujourd’hui j’ai rejoint mon équipe de l’hygiène pour les accompagner lors du retrait des cadavres de carpes aux étangs Marius Renard. En effet depuis plus d’un mois, des carpes meurent ici chaque jour. La cause serait virale et viendrait du grand étang géré par Bruxelles Environnement. Quoiqu’il en soit, mes équipes passent trois fois par semaine pour retirer les carpes. Mercredi ils prendront une barque pour atteindre les cadavres qu’on ne peut atteindre avec une perche (ndlr : cette intervention n’a finalement pas eu lieu ce mercredi). Je tiens à les remercier pour ce travail pénible”, peut-on lire dans une publication Facebook de l’échevine publiée lundi.
Des explications qui peinent à convaincre les riverains qui constatent encore trop de cadavres dans l’eau. Certains habitants du quartier envisagent même d’agir eux-mêmes pour venir à bout du problème plus rapidement.
■ Reportage de Meryem Laadissi et Charles Carpreau
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Délai trop court, Lotfi Mostefa et gouvernement en crise : Loubna Azghoud répond aux critiques à propos de la la commission d’enquête parlementaire
2 juin, par Gilles Joinau
Loubna Azghoud était l’invitée de Bonjour Bruxelles et a répondu aux questions de Fabrice Grosfilley ce mardi matin.
Quelques minutes avant elle, Nadia Kammachi avait vivement critiqué dans Bonjour Bruxelles le calendrier de la commission d’enquête parlementaire consacrée au dossier du Foyer Anderlechtois. Un avis que ne partage pas Loubna Azghoud, cheffe de groupe MR au Parlement bruxellois. “Le rythme sera très soutenu”, assure la députée libérale. Pour rappel, cette commission doit s’étendre sur sept semaines. À titre de comparaison, celle consacrée au Samusocial avait duré six mois. “Nous aurons trois réunions par semaine, parfois même en soirée ou le samedi. La commission sur le Métro 3, qui s’est étalée sur plus de huit mois, s’est réunie 25 fois. Si nous tenons le rythme prévu, nous atteindrons 18 réunions. Je pense que cela permettra d’examiner le dossier en profondeur.”
Pour certains observateurs, le MR aurait cédé aux pressions du PS en acceptant une commission réduite et vidée de sa substance. Une analyse que rejette Loubna Azghoud. “Je le répète : ce n’est pas une commission rikiki. Certes, elle travaillera dans des délais serrés, mais elle le fera avec sérieux. Notre rôle de parlementaires n’est pas de nous substituer à la justice. L’objectif est de formuler des recommandations afin de réformer le système. Et le MR se réserve la possibilité de demander une prolongation si cela s’avère nécessaire.”
Qui sera entendu dans la commission ?
Reste désormais à déterminer qui sera entendu dans le cadre de cette commission. Alors qu’il en avait lui-même exprimé le souhait, Lotfi Mostefa n’a toujours pas été auditionné. “Il souhaitait s’exprimer devant la commission Logement, mais ce n’était pas le cadre adéquat. Dans une commission d’enquête, il pourra être entendu sous serment.” Comme devant un juge d’instruction donc. Il ne sera toutefois pas le seul concerné. “Les membres du conseil d’administration, la SLRB ainsi que l’ensemble de la chaîne de décision devront être entendus afin d’identifier les éventuelles failles du système. Nous devons aux Bruxellois de la transparence et de la confiance.”
À ce stade, aucune liste définitive des personnes auditionnées n’a encore été arrêtée. On ignore donc notamment si l’ancienne collaboratrice de Lotfi Mostefa, mise en avant dans le reportage de Pano, sera appelée à témoigner. “L’idée est d’offrir un cadre sécurisé à toutes les personnes qui souhaitent témoigner, à charge comme à décharge.”
À lire sur le même sujet : Foyer anderlechtois : Karine Lalieux “ne nie pas les difficultés de gestion du Foyer”
La décision de retirer du mandat de la commission l’examen des éventuelles ingérences dans les procédures d’attribution de logements à des fins personnelles ou politiques suscite également de nombreuses critiques. Pour certains, il s’agit pourtant du cœur du dossier.
“Dans le texte adopté, nous avons conservé toute l’analyse du processus décisionnel et des mécanismes d’attribution. Le fait de retirer ce passage ne signifie pas que nous ne parlerons pas du reportage de la VRT que tout le monde a vu. Mais Pano n’est pas un audit de la Cour des comptes. Je rappelle qu’une enquête judiciaire est en cours et que chacun doit pouvoir exercer son rôle.”
Cette affaire a également provoqué des remous au sein de la majorité bruxelloise, notamment du côté du PS, qui a laissé entendre qu’il pourrait retrouver davantage de liberté sur certains votes.
À lire sur le même sujet : Foyer Anderlechtois: “Je suis surpris qu’on reproche à Lotfi Mostefa d’être trop impliqué”
“Ce n’était pas l’objectif lorsque nous avons signé l’accord du 14 février. Il est préférable de déposer un texte de majorité avec Anders plutôt qu’un texte soutenu par l’opposition. Cela aurait créé des majorités alternatives et nous ne le souhaitions pas. Après de longues discussions, nous avons réussi à préserver l’unité de la majorité.”
Le gouvernement a-t-il frôlé la crise ? “Non”, tranche-t-elle.
- Un interview de Loubna Azghoud par Fabrice Grosfilley dans Bonjour Bruxelles.
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“Elle va être bâclée” : Nadia Kammachi peste contre le délai de la commission d’enquête parlementaire sur le Foyer Anderlechtois
2 juin, par Gilles Joinau
Nadia Kammachi était l’invitée de Bonjour Bruxelles pour évoquer le dossier brûlant du Foyer Anderlechtois.
Lundi, la commission des Affaires générales du Parlement bruxellois s’est prononcée en faveur de la création d’une commission d’enquête parlementaire sur l’attribution des logements sociaux au Foyer Anderlechtois. Une décision qui laisse un goût amer à Nadia Kammachi.
“J’ai été estomaquée”, confie l’élue écologiste ce mardi matin. “Nous avons assisté à un spectacle désolant. Oui, il y aura bien une commission d’enquête, mais toute sa substance a disparu.”
À lire sur le même sujet : Foyer anderlechtois : une commission d’enquête limitée à sept semaines
Selon elle, la commission a été largement vidée de son contenu initial. Ecolo avait en effet déposé un texte visant à examiner en profondeur les méthodes d’attribution des logements sociaux et les dérogations accordées. Mais le texte a été amendé, notamment par l’instauration d’un calendrier particulièrement serré : cinq à six semaines au maximum pour mener les auditions et formuler des recommandations.
“On ne pourra pas entendre tout le monde dans un délai aussi court. Nous allons déjà perdre du temps et nous entrerons rapidement dans la période estivale. Le PS a réussi à retourner la situation à son avantage. Le MR a également cosigné ce texte. Au final, nous risquons de nous retrouver avec une commission bâclée”, déplore-t-elle.
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Cette commission ne s’appuiera pas sur les témoignages des journalistes à l’origine des révélations, mais sur les décisions et les attributions validées par la SLRB. Quant à Lotfi Mostefa, il ne devra pas, à ce stade, se mettre en retrait. “Je ne parle pas d’une chasse à l’homme, comme l’affirme Jamal Ikazban (PS). Je parle d’une chasse au système. Le problème n’est pas uniquement Lotfi Mostefa, mais des pratiques qui existaient bien avant lui. Quand j’entends les prises de parole des socialistes, je constate surtout un manque de transparence. Le véritable enjeu, c’est que la population puisse comprendre comment les désignations sont effectuées.”
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Ancienne échevine à Anderlecht lors de la précédente mandature, Nadia Kammachi affirme avoir déjà alerté à plusieurs reprises sur le fonctionnement du Foyer Anderlechtois. “Nous avons siégé au conseil d’administration et relevé toute une série de dysfonctionnements. Nous voulions notamment anonymiser les dossiers afin d’éviter tout favoritisme. Toutes les décisions devaient également passer par le conseil d’administration. Mais à partir de mai 2025, certaines règles ont changé. Nous disposons de rapports que nous mettrons à la disposition de la commission.”
Cette affaire illustre également les tensions persistantes entre majorité et opposition à Anderlecht. “On cherche à nous faire taire, quel que soit le sujet”, poursuit-elle. “Bien avant le reportage de la VRT, j’avais déjà pointé les problèmes au sein du Foyer. J’ai été interrompue au moins dix fois pendant mon intervention et je n’ai obtenu aucune réponse. Il existe une véritable forme d’intimidation.” Plusieurs échevins de la majorité avaient d’ailleurs diffusé un communiqué dénonçant des comportements intimidants dont ils se disaient victimes. “Comment se fait-il que face à de tels agissements, il n’y ait eu aucun rappel à l’ordre par le bourgmestre Fabrice Cumps ? Cela n’a pas été fait dans le cas de Lotfi Mostefa”, conclut-elle.
- Une interview de Nadia Kammachi par Vanessa Lhuillier dans Bonjour Bruxelles