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Une commission d’enquête parlementaire sur l’affaire du Foyer Anderlechtois ? Suivez le direct
1er juin, par Remy Rucquoi
Ce lundi à 14 h 30, la commission des Affaires générales du Parlement bruxellois est saisie de deux propositions visant à créer une commission d’enquête parlementaire sur l’affaire du Foyer Anderlechtois. Quels sont les enjeux de la réunion et de celles qui suivront ? Vous pouvez suivre la commission en direct sur notre site ici.
La première question à se poser : y aura-t-il une majorité pour créer une commission d’enquête ? Trois propositions distinctes ont été déposées. La première est signée par la seule N-VA ; la suivante, cosignée par Ecolo et DéFI, bénéficie également du soutien du PTB. La troisième a été introduite par Anders avec le soutien du MR.
Sur le fond, la différence entre les deux derniers textes est minime. La proposition d’Anders permet d’ouvrir plus facilement les investigations à d’autres sociétés de logement, mais comme une commission d’enquête possède la maîtrise de ses travaux, ce n’est pas fondamental.
Les propositions sont étudiées dans l’ordre chronologique de leur dépôt. Le texte Ecolo-DéFI sera donc soumis au vote avant la proposition MR-Anders. Si le MR et Les Engagés ne le soutiennent pas, il ne passera pas. À l’inverse, si Ecolo n’apporte pas son soutien à la proposition d’Anders, celle-ci risque également de ne pas obtenir de majorité. Un vote positif ce lundi sera indicatif, mais pas définitif : c’est la séance plénière qui aura le dernier mot.
Toute la matinée, les groupes de la majorité ont tenté de mettre en place un scénario alternatif afin d’aboutir à une proposition qui pourrait bénéficier du soutien de l’ensemble de la majorité, PS inclus. D’après nos informations, les discussions portaient sur le périmètre de la commission d’enquête ainsi que sur une limitation de son mandat dans le temps.
Quelles conséquences possibles si le PS ne se sent plus lié par l’accord de majorité ?
Les socialistes ont fait savoir à leurs partenaires que l’installation d’une commission d’enquête décidée en dehors du pacte de majorité serait considérée comme une rupture de celui-ci et appellerait une riposte. Plusieurs tentatives de négociation (avec des contacts encore ce week-end) pour tenter de trouver une sortie de crise ont échoué.
Concrètement, le PS pourrait :
- Dès ce lundi, voter une proposition d’Ecolo visant à lancer une procédure en conflit d’intérêts contre le décret-programme en cours d’examen à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Dans l’absolu, cette procédure pourrait aboutir à bloquer pendant 60 jours les mesures d’économies prévues par le gouvernement Degryse. Un bémol : la procédure de conflit d’intérêts nécessite une majorité des trois quarts en séance plénière, qui ne sera vraisemblablement pas atteinte. Le vote de lundi serait donc avant tout symbolique.
- Mercredi, en commission Emploi, le PS pourrait voter une autre proposition (là aussi déposée par Ecolo) demandant la réintroduction des organismes d’économie sociale dans le dispositif des titres-services. Soutenue également par le PTB et DéFI, cette résolution pourrait donc s’imposer et contraindre le ministre Laurent Hublet (Les Engagés) à revoir sa copie.
- À plus long terme, le PS pourrait aussi déposer ses propres résolutions sur des thématiques qui lui sont chères (logement, politique sociale, aménagement du territoire) et obtenir des majorités de gauche pour faire adopter des projets qui ne figurent pas dans l’accord de gouvernement.
Les réponses dans l’après-midi
À ce stade, il est difficile d’imaginer qu’une commission d’enquête ne soit pas instituée. Les partis qui l’ont publiquement et fortement réclamée (c’est le cas d’Anders et du MR en ce qui concerne la majorité, tous deux sous l’impulsion de leurs présidents nationaux ; Groen et Vooruit ont été plus discrets) perdraient beaucoup de leur crédibilité si tel n’était pas le cas.
Un tel vote, non négocié au sein de la majorité, peut déboucher sur une crise majeure si le PS reprend sa liberté de vote. Les exemples ci-dessus montrent que des majorités alternatives peuvent avoir des effets délétères pour le gouvernement de Boris Dillies (imaginez, par exemple, le vote d’une proposition encadrant concrètement les loyers).
Le risque est que la situation ne dégénère complètement et que, de fil en aiguille, la majorité finisse par imploser, conduisant à une situation où s’enchaîneraient les majorités de circonstance et où le budget ne serait plus maîtrisé.
Entre ces deux scénarios extrêmes (il n’y a pas de commission ; c’est le chaos complet), il existe plusieurs niveaux de crise possibles, mais il serait illusoire de penser qu’il ne se passera rien de significatif.
Fabrice Grosfilley
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Commission d’enquête sur le foyer anderlechtois : “J’invite les libéraux à retirer leur texte et soutenir le nôtre”, dit Zakia Khattabi
1er juin, par Alice Dulczewski
C’est ce lundi qu’on saura si le parlement crée une commission d’enquête sur la gestion du foyer anderlechtois. Pour la députée bruxelloise Ecolo Zakia Khattabi, cette commission est nécessaire mais il s’agit aussi d’éviter une nouvelle crise gouvernementale.
La commission des Affaires générales du parlement bruxellois se réunit ce lundi en début d’après-midi pour se pencher sur la gestion du foyer anderlechtois suite aux révélations concernant les suspicions de clientélisme qui visent son directeur Lotfi Mostefa. Pour la députée bruxelloise Ecolo Zakia Khattabi, une commission d’enquête est nécessaire. “Le reportage de l’émission Pano (VRT) a fait un effet d’électrochoc et mérite qu’on y pense sérieusement,” souligne-t-elle.
À lire sur le même sujet : Foyer anderlechtois : Karine Lalieux “ne nie pas les difficultés de gestion du Foyer”
“La commission d’enquête vise à comprendre les dysfonctionnements. Soit les procédures n’ont pas été respectées, soit elles ont été respectées mais on a menti à des électeurs”, souligne la députée bruxelloise. “Dans le reportage de Pano, on a vu des électeurs qui ont envoyé leur bulletin de vote, ca signifie qu’il existe à Anderlecht un climat tel qui fait que les gens pensent qu’il faut voter d’une certaine manière pour obtenir un logement social. “
Une instruction judiciaire est actuellement en cours et le PS estime dès lors qu’une commission d’enquête serait prématurée. Mais pour Zakia Khatabbi, “ce sont deux enquêtes différentes. L’une vise à évaluer s’il y a eu des malversations. La commission d’enquête partlementaire vise, elle, un contrôle politique sur un système afin de procéder à des ajustements sur des procédures.”
“Une bombe placée sous le siège de la majorité”
L’opposition – dont fait partie Ecolo – a déposé un texte pour demander une commission d’enquête. Mais la députée bruxelloise dit avoir été “surprise” de voir un autre texte déposé par les libéraux de la majorité.
Pour elle, “c’est une bombe placée sous le siège de la majorité. La majorité aurait pu soutenir le texte de l’opposition sans aller dans la provocation ultime qui est de déposer un texte. Moi, j’appelle à la sérénité des débats. J’invite les libéraux à retirer le texte et soutenir le notre.”
À lire sur le même sujet : Foyer Anderlechtois: “Je suis surpris qu’on reproche à Lotfi Mostefa d’être trop impliqué”
Autre sujet : Ecolo recule dans les intentions de vote à Bruxelles et se retrouve derrière DéFi. “Le seul résultat qui compte à mes yeux, ce sont les résultats des élections 2029”, répond Zakia Khattabi. “J’ai du mal à croire que l’âge d’or écologique est derrière nous”, ajoute-t-elle.
La députée bruxelloise est également revenue sur la mort du petit Fabian, il y a un an. Ce week-end a réclamé justice ce week-end. Selon Zakia Khattabi, il faut prendre des mesures politiques. On peut “profiter de la fusion des zones de police – qu’on ne voulait pas – pour instaurer certaines choses. Comme le fait d’interdire aux voitures de police de rouler dans les parcs. “
BX1 – Photo : BX1
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Une commission d’enquête sur le foyer anderlechtois ? La décision prise ce lundi
1er juin, par Alice Dulczewski
C’est déjà la première grande crise du gouvernement bruxellois, alors qu’il vient seulement de dépasser ses 100 jours.
C’est ce lundi qu’on saura si le parlement crée une commission d’enquête sur la gestion du foyer anderlechtois suite aux révélations, faites notamment par la VRT, concernant les suspicions de clientélisme qui visent son directeur, Lotfi Mostefa.
Dans la majorité, le PS s’y oppose mais il a perdu le soutien des libéraux d’Anders et du MR qui rejoignent l’opposition. Si le MR et Anders votent la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire ce lundi alors le Parti socialiste pourra reprendre sa liberté sur d’autres votes.
C’est en tout cas l’avertissement lancé par le chef de groupe du PS au Parlement Bruxellois, Jamal Ikazban sur le plateau de Bonsoir Bruxelles ce vendredi. Celui-ci estime qu’une commission d’enquête parlementaire serait prématurée, alors qu’une procédure judiciaire est déjà en cours. Il prévient que cette initiative pourrait avoir des conséquences sur l’équilibre de la coalition.
BX1 – Photo : Belga
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Anderlecht inaugure 15 nouveaux logements en Community Land Trust
30 mai, par Jimmy Foucault
Malgré les turbulences qui agitent le foyer anderlechtois, la commune a célébré aujourd’hui l’inauguration du projet Transvaal : 15 familles à faibles revenus sont devenues propriétaires grâce au modèle du Community Land Trust (CLT).
Le principe : le sol appartient à une ASBL, tandis que les habitants sont propriétaires de leur logement. À la revente, le prix est plafonné et le bien doit être cédé à quelqu’un répondant aux conditions du logement social. Une technique garantissant l’accessibilité génération après génération. 130 habitations fonctionnent déjà sur ce modèle à Bruxelles.
Les résidents ont par ailleurs suivi une formation à la gestion de copropriété et participent à des groupes de travail collectifs. La Région bruxelloise soutient financièrement ces projets et l’engouement est réel : 1.350 personnes figurent actuellement sur la liste d’attente du Community Land Trust de Bruxelles.
■ Reportage de Joachim Vincent et Jacques Vermeer
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Quartier Peterbos : 45 suspects renvoyés en correctionnelle pour trafic de drogue
29 mai, par Maxime Dieu
La chambre du conseil de Bruxelles a renvoyé vendredi 45 suspects devant le tribunal correctionnel pour avoir prétendument fait partie d’une organisation criminelle opérant depuis le quartier anderlechtois du Peterbos. Deux mineurs d’âge devront quant à eux répondre de leurs actes devant le tribunal de la jeunesse, annonce le parquet de Bruxelles.
Cette organisation, qui possédait des ramifications à Marseille et au Panama, se livrait à un trafic de drogue à grande échelle. Selon le parquet, elle pourrait également être liée à huit fusillades survenues dans la capitale.
Le quartier Peterbos, un ensemble de tours de logements sociaux situé à Anderlecht, souffre depuis longtemps d’une mauvaise réputation en raison des nuisances et de la criminalité liées au trafic de drogue qui y sévit. En décembre 2022, 30 personnes avaient été condamnées à des peines allant de 225 heures de travail d’intérêt général à huit ans d’emprisonnement pour avoir mis en place un trafic de drogue bien organisé à partir des immeubles sociaux du quartier.
Il s’agissait alors déjà du deuxième procès lié au trafic de drogue dans ce quartier et cela n’a pas changé les agissements au Peterbos. Des conflits ont éclaté à plusieurs reprises entre l’organisation y opérant et d’autres gangs de trafiquants. Bruxelles a, en outre, été régulièrement secouée par des fusillades qui ont fait plusieurs morts.
► Lire aussi | Peterbos : rénovation de deux blocs et début du chantier pour le futur espace sportif
L’organisation du quartier du Peterbos serait dirigée par Imad B., alias “Mara”. Condamné en décembre 2022 à une peine de huit ans de prison pour trafic de cocaïne et de cannabis, il aurait continué à diriger l’organisation, notamment grâce à l’utilisation d’un smartphone dans sa cellule. L’homme entretenait des liens avec des trafiquants de drogue dans la ville portuaire de Marseille, dans le sud de la France, mais avait également des partenaires au Panama, qui étaient, semble-t-il, chargés de l’achat et du transport de la cocaïne vers l’Europe.
En juin 2024, les enquêteurs bruxellois avaient déjà procédé à 25 perquisitions dans le cadre de l’enquête sur cette organisation criminelle. Cela avait mené à l’arrestation de 19 suspects, dont 17 en Belgique et deux à Marseille. L’enquête s’est toutefois poursuivie au cours des mois suivants. Ainsi, en mars 2025, une commission rogatoire a été menée au Panama, permettant d’identifier les trois partenaires locaux de “Mara”. Ceux-ci ont finalement été arrêtés en décembre dernier. Quelques semaines auparavant, en novembre, six autres suspects avaient également été privés de leur liberté à Bruxelles.
Imad B. est désormais également inculpé dans une autre affaire, liée à celle-ci, concernant la fusillade mortelle qui s’était produite le 14 septembre 2023 dans la rue Wayez à Anderlecht. Cette nuit-là, une Peugeot 3008 blanche y avait coincé une VW Golf. Plusieurs personnes étaient alors sorties de la Peugeot et avaient ouvert le feu sur le conducteur de la Golf, âgé de 31 ans. Ce dernier n’avait pas survécu à l’attaque mais il aurait été tué par erreur. Imad B. aurait donné l’ordre depuis sa cellule d’éliminer le chef d’un gang de trafiquants de drogue rival, mais les tireurs se seraient trompés de cible et auraient abattu un autre homme.
Belga – Photo : Caravaggio (archive 07/02/2026)