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Propreté à Cureghem : “C’est un puits sans fond, il faut sanctionner davantage”
16 juin, par Vincent Schmitz
Les habitants de Cureghem ont dénoncé dimanche un problème de propreté et la suspension des ramassages le week-end. “Je ne peux pas faire de miracles“, répond Achille Vandyck (MR) échevin de la Propreté à Anderlecht, en promettant un retour des services le week-end et en appelant à davantage de sanctions.
Des habitants du quartier anderlechtois de Cureghem ont érigé dimanche, devant la maison communale, un mur constitué de détritus ramassés dans leurs rues durant la matinée pour dénoncer le problème des déchets auquel le quartier est confronté, qui est en partie lié aux mesures d’économies prises par l’administration communale: les services de propreté ne seront plus actifs le week-end.
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“C’était une décision qui a été élaborée avec les services, ce n’est pas un échevin unilatéralement, ni même un collège unilatéralement qui prend ce genre de décision“, réagit ce mardi Achille Vandyck. “Nous sommes dans une situation héritée du passé où nous avons très clairement un manque de personnel, un manque de moyens. Pour être totalement transparent, lorsqu’on nous a proposé de monter en majorité suite aux élections, on ne nous avait jamais dit qu’un budget ordinaire de 24 millions allait être nécessaire pour combler le trou du passé. Nous avons fait des efforts extrêmes pour pouvoir arriver à mettre un budget à l’équilibre en 2025 mais aujourd’hui, ce que nous faisons, c’est que nous colmatons. C’est comme un bateau qui prend l’eau à plusieurs endroits et on est obligés de prendre le bouchon d’un côté pour le mettre de l’autre côté. Mais entre-temps, l’eau continue à rentrer dans le navire par le premier côté.”
Plus on ramasse, plus il y a de déchets
“Il y a un manque d’effectif, mais c’est aussi un puits sans fond“, selon l’échevin MR. “Au plus on ramasse, et plus les gens prennent l’habitude, parce qu’il n’y a pas de sanction de manière transversale et structurelle sur tout le monde. On a quadruplé le nombre de sanctions, on a quintuplé le ramassage avec les petits véhicules, on n’a jamais autant sanctionné, on n’a jamais autant ramassé et pourtant ça ne s’améliore pas. Donc il faut se remettre en question et se dire que la propreté par la propreté, ça ne fonctionnera pas. Donc à nous de voir aujourd’hui quelles sont les fonctions régaliennes telles que la sécurité, de mettre en place des caméras, de mettre en place du contrôle du bâti et de faire en sorte d’améliorer la situation sur le territoire.”
Le week-end dès que possible
“Il y a quelques semaines, la commune a décidé, dans le cadre de ses mesures d’économies, que ses services de propreté ne seraient plus actifs le week-end, alors que ce quartier est coincé entre le Marché du Midi, qui a lieu chaque dimanche, et les Abattoirs d’Anderlecht, ouverts tous les jours”, expliquait dimanche Charlotte Inghels, habitante de Cureghem et l’une des initiatrices de l’action de nettoyage. “Ces lieux génèrent une quantité énorme de déchets, surtout le week-end. L’échevin a dit qu’il ‘espérait’ pouvoir disposer d’une nouvelle équipe d’ici trois mois. Trois mois, c’est après l’été : ça ne peut pas continuer comme ça.”
“Les tournées le week end, c’est malgré nous que nous avons dû, pour l’instant, les enlever afin de ne défavoriser aucun faire aucun quartier“, répond Achille Vandyck. “Ce que je peux vous dire aujourd’hui, c’est que dès que ce sera possible, nous remettrons en place une équipe du week end. C’est un fait certain parce que les gens méritent d’avoir, même le week-end, des parcs propres. On parle toujours de Cureghem, mais il y a énormément de parcs. On a une commune excessivement verte, donc les gens vont faire des pique-niques, se promènent dans les parcs, mais ces corbeilles ne sont pas vidées non plus. On a besoin de mettre structurellement en place une équipe le week-end, avec des effectifs qui aujourd’hui ne sont pas là.”
“On me reproche de mettre trois mois à engager. Je rappelle quand même que je ne suis pas l’échevin du Personnel et qu’il y a des règles dans le recrutement“, dit-il encore. “Aujourd’hui, en tant que échevin de la Propreté, avec les moyens actuels, je ne peux pas faire de miracles. Mais n’oublions jamais que la commune de base, elle est propre. La seule chose, c’est qu’elle est salie. Nous devons nous attaquer aux personnes qui la salissent.”
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Foyer anderlechtois : le CA suspend le président Lotfi Mostefa, le PS dénonce des irrégularités
16 juin, par Thomas Dufrane
Le conseil d’administration du Foyer anderlechtois a décidé lundi en début de soirée de suspendre temporairement le l’actuel président Lotfi Mostefa (PS) et de le remplacer par la vice-présidente Marcela Gori (MR).
Celle-ci assurera la présidence ad interim de l’institution, selon un communiqué du CA qui s’est tenu en l’absence des administrateurs socialistes.
Cette décision fait suite aux informations sur “la manière dont le Foyer a été géré ces dernières années”.■Reportage de Marine Hubert et Nicolas ScheenaertsCette mission temporaire a pour seul objectif de “garantir la continuité du fonctionnement du Foyer anderlechtois, la stabilité de sa gouvernance et la poursuite du travail quotidien au service des milliers de locataires et candidats locataires”.
“Dans le contexte actuel, notre responsabilité collective est d’assurer la sérénité de l’institution et de préserver la confiance des locataires. Le Foyer Anderlechtois doit rester pleinement mobilisé sur sa mission première : offrir un logement de qualité et un service exemplaire aux citoyens”, a déclaré Marcela Gori, citée dans le communiqué.
Se disant consciente que la présidence du Foyer anderlechtois revient traditionnellement au groupe socialiste au sein de la majorité communale, Marcela Gori a précisé que son mandat avait vocation à être “transitoire”.
“J’assumerai cette responsabilité avec sérieux et impartialité aussi longtemps que nécessaire afin d’assurer la stabilité de l’institution. Par respect pour les accords de majorité et pour nos partenaires, j’invite les représentants socialistes à proposer dans les meilleurs délais une personnalité capable d’assurer durablement cette fonction”, a-t-elle ajouté.
Marcela Gori a enfin appelé à un climat d’apaisement au sein du Conseil d’administration, la priorité devant être de “restaurer un fonctionnement serein, transparent et efficace dans l’intérêt exclusif des locataires, du personnel et de l’ensemble des citoyens”.Belga -
Décès d’Otmane Souieh : le médecin légiste confirme que les multiples coups ont mené au décès de la victime
15 juin, par Alice Dulczewski
Dans ce procès, Mohammad Ahmadi, Norddin Mousati et Yassine Hourra sont accusés d’avoir soumis Otmane Souieh à la torture les 10 et 11 août 2023 dans le quartier Cureghem à Anderlecht, jusqu’à causer sa mort sans intention de la donner. Les trois accusés se renvoient la responsabilité des coups portés.
Des lésions sur les membres inférieurs et le dos, “typiques de l’utilisation d’un objet comme une matraque ou une barre de fer”, une lésion sur le nez, des hématomes sur la tête aussi, cinq côtes cassées. Le médecin légiste a égrené lundi la longue liste des blessures subies par Otmane Souieh, décédé le 11 août 2023. Devant la cour d’assises de Bruxelles, il a précisé que la cause du décès est la perte de sang majeure dans les muscles, engendrée par la multiplicité des coups, suivie par un choc hémorragique. Le docteur a également évoqué des ecchymoses “un peu linéaires” au niveau des poignets, “qui peuvent évoquer la mise en place de liens”.
► Lire aussi | Trois hommes accusés du décès d’Otmane Souieh, soumis à la torture à Anderlecht, devant la cour d’assises
Le médecin légiste a examiné le corps de la victime à deux reprises, le jour du décès à l’hôpital Saint-Pierre et dans un second temps pour l’autopsie. Alors que le père d’Otmane Souieh avait quitté la salle d’audience à l’annonce de la diffusion d’images difficiles, il a présenté à la cour les résultats de ses observations. La victime présentait notamment des lésions superficielles sur le visage, une oreille tuméfiée et des ecchymoses sur le bras gauche qui font penser à des signes de préemption, à des traces de doigts. Le médecin décrit également de “petites plaies crouteuses”, provoquées par “un objet piquant ou tranchant”, et des lésions très étendues “en rail de tram”, parallèles, sur les membres inférieurs ainsi que sur le dos.
Douleurs de force 8 sur 10
D’après lui, ces traces sont “typiques de l’utilisation d’un objet comme une matraque ou une barre de fer”. Ces lésions profondes ont entraîné des hémorragies “extrêmement importantes” au niveau musculaire, aux cuisses et aux mollets notamment. “Il y a eu tellement de coups que les tissus ont été décollés”, ajoute le médecin. Le cœur pompe alors presque à vide parce qu’il n’y a plus assez de sang.
Il précise que les blessures ont été occasionnées lors d’un processus “plus long que cinq à dix minutes”, qui a pu durer “plusieurs dizaines de minutes” avant le premier arrêt cardiaque. Il n’écarte pas que le calvaire de la victime se soit étendu sur plusieurs heures.
Toutes ces lésions ont entrainé des douleurs “importantes”, de force 8 sur une échelle de 1 à 10 en ce qui concerne les côtes, estime le médecin.
Belga – Photo : Belga
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Anderlecht : des habitants érigent un mur de déchets devant la maison communale pour dénoncer l’insalubrité du quartier Cureghem
14 juin, par Remy Rucquoi
Environ 80 habitants du quartier anderlechtois de Cureghem ont érigé dimanche, devant la maison communale, un mur constitué de détritus ramassés dans leurs rues durant la matinée. Par cette action, les citoyens souhaitaient attirer l’attention sur le problème des déchets auquel le quartier est confronté, qui est en partie lié aux mesures d’économies prises par l’administration communale.
“Il y a quelques semaines, la commune a décidé, dans le cadre de ses mesures d’économies, que ses services de propreté ne seraient plus actifs le week-end, alors que ce quartier est coincé entre le Marché du Midi, qui a lieu chaque dimanche, et les Abattoirs d’Anderlecht, ouverts tous les jours”, explique Charlotte Inghels, habitante de Cureghem et l’une des initiatrices de l’action de nettoyage. “Ces lieux génèrent une quantité énorme de déchets, surtout le week-end.”
Les habitants ont déjà interpellé l’administration communale à ce sujet, mais la réponse qu’ils ont reçue n’était guère engageante, selon Charlotte Inghels. “L’échevin a dit qu’il ‘espérait’ pouvoir disposer d’une nouvelle équipe d’ici trois mois. Trois mois, c’est après l’été : ça ne peut pas continuer comme ça. C’est pourquoi nous avons décidé, il y a deux semaines, de lancer cette action.”
Plusieurs collectifs citoyens, associations et habitants se sont munis de gants, pinces et sacs-poubelle vers 10h30 pour ramasser les ordures qui jonchent leurs trottoirs. Grâce à quatre camionnettes qui faisaient des allers-retours, ils ont réussi à constituer, vers midi, un véritable mur de déchets.“Le quartier est encore loin d’être impeccable et nous sommes conscients que ce ne sera pas la dernière fois, mais cela doit déjà être un signal clair”, poursuit Charlotte Inghels. “Sans les services de propreté de la commune, nous ne pouvons pas faire face à la situation. Il faut un plan d’action clair, adapté à Cureghem. Les économies doivent être adaptées aux besoins et aux défis de chaque quartier, et non appliquées aveuglément à l’ensemble de la commune.”
Les habitants réclament notamment le retour des services de propreté le week-end ainsi qu’un renforcement de ceux-ci en période estivale et lors des pics d’affluence. Ils demandent également davantage de poubelles publiques et des dispositifs de collecte mieux adaptés aux besoins réels du quartier, dans le respect des conditions de travail du personnel. Enfin, ils plaident pour un plan de propreté global, basé sur les constats de terrain et élaboré en concertation avec les habitants, les associations, les écoles, les commerçants, les entreprises et les autorités.
Belga
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Procès de la mort d’Otmane Souieh : le frère d’un accusé évoque un possible aveu
11 juin, par Camille Gnonsian
Au procès de la mort d’Otmane Souieh devant la cour d’assises de Bruxelles, les enquêteurs ont détaillé plusieurs éléments du dossier, entre témoignages familiaux, perquisitions et analyses techniques.
L’équipe d’enquête chargée d’élucider le décès suspect d’Otmane Souieh survenu à Bruxelles le 11 août 2023 a rapporté jeudi matin à la cour d’assises de Bruxelles que le frère de l’accusé Norddin Mousati s’était présenté volontairement au commissariat le 7 septembre 2023 pour dire que son frère avait “commis un truc”.
“Si mon frère est honnête, il dira qu’il s’est passé quelque chose”, a déclaré le frère jumeau de Norddin Mousati aux policiers, près d’un mois après le décès de la victime. Lorsque le frère jumeau se présente au commissariat, Norddin Mousati n’est pas encore localisé. Il était “signalé à arrêter” depuis le 14 août 2023.
Lorsque les enquêteurs ont entendu le jumeau, ils avaient déjà mené deux perquisitions au domicile des parents des frères Mousati. Les analyses ont révélé des larges traces de sang sur le sol de la salle de bain, nettoyées par la suite. Des empreintes de pattes de chien sont aussi repérées parmi les traces de sang. La police a par ailleurs trouvé un rideau (type tenture) et une chaussette chez l’accusé, positives à l’analyse de traces de sang humain.
L’origine du sang dans la salle de bain est compliquée à déterminer. Il pourrait s’agir des conséquences de la blessure d’un policier, mordu à sang par la chienne de l’accusé lors de la première perquisition du 11 août 2023. L’officier de police, qui a bénéficié de premiers secours sur le lieu de la perquisition, n’était pas présent à l’audience jeudi pour éclairer la cour sur ce point.
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Recherché, Norddin Mousati s’est finalement présenté à la police le 25 septembre 2023, en présence d’un avocat — un autre que les deux avocats qui le conseillent aujourd’hui. Entendu par le juge d’instruction, Norddin Mousati a livré deux versions différentes des faits. Dans sa deuxième version, Norddin Mousati a affirmé que Mohammad Ahmadi avait frappé la victime et qu’il avait mis une caution de 500 euros sur la tête d’Otmane Souieh, qui “travaillait” pour lui dans le commerce de stupéfiants.
Norddin Mousati a modifié ses propos après avoir été confronté aux déclarations de Mohammad Ahmadi, ont précisé les enquêteurs jeudi aux jurés d’assises. Mohammad Ahmadi accusait Norddin Mousati d’avoir frappé Otmane Souieh les 10 et 11 août 2023.
Mohammad Ahmadi avait été placé sous mandat d’arrêt le 30 août du chef de torture ayant entraîné la mort d’Otmane Souhied (32 ans), sans intention de la donner. Il est l’un des trois accusés du procès d’assises ouvert le 5 juin à Bruxelles pour traitement inhumain délibéré.
A la suite de son interrogatoire du 25 septembre 2023, Norddin Mousati a été placé sous mandat d’arrêt du chef de meurtre, dans un premier temps. L’accusation a ensuite été requalifiée en torture sans intention de donner la mort.
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Le troisième accusé du procès, Yassine Hourra, a lui fait l’objet de poursuites plus tardives. Alors qu’il avait été écarté de l’enquête par le juge d’instruction, il a finalement été réentendu comme suspect suite aux déclarations évolutives de Norddin Mousati.
Les trois accusés seront assis côte à côte dans le box des accusés jusqu’à la clôture de ce procès, prévue le 23 juin.
Belga – Photo : Belga Image