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Fusillade place Bizet : deux condamnations à 15 ans, les avocats dénoncent une “violation grave du secret du délibéré”
22 juin, par Maxime Dieu
Le tribunal correctionnel francophone de Bruxelles a prononcé lundi deux peines d’emprisonnement de quinze ans pour la tentative d’assassinat commise dans la nuit du 21 au 22 mars 2025 sur la place Bizet à Anderlecht. Les coups de feu ont fait un blessé.
Contrairement à l’usage, les juges correctionnels n’ont pas lu la motivation de leur jugement, même partiellement. Sans demander ou obtenir l’aval des avocats, les juges se sont contentés de lire la peine d’emprisonnement finale déterminée pour chacun des deux prévenus, Raphaël C. et Bilal H.
Me Sophia Robillard et Olivier Martins, qui défendent Raphaël C., sont alarmés par ce procédé. Le tribunal agit de façon “autoritaire”, dénonce Me Olivier Martins. Les deux avocats étaient dans l’incapacité d’expliquer lundi à leur client les raisons qui justifient sa condamnation à 15 ans d’emprisonnement. Ils doivent attendre que le tribunal leur transmette son jugement par voie écrite.
Raphaël C. et Bilal H. demandaient l’acquittement. Raphaël C. défendait qu’il n’était pas présent la nuit des faits à Anderlecht, alors que le parquet considérait qu’il était le tireur. Bilal H. défendait qu’il n’avait pas tiré les quatre balles sur la victime. Bilal H. affirmait être le conducteur du véhicule, mais pas davantage.
► Lire aussi | Les deux prévenus d’une tentative d’assassinat à Anderlecht plaident l’acquittement
Bilal H. n’était pas présent à l’audience pour le prononcé parce qu’il a coupé dimanche soir, à 23h00, le bracelet électronique qui le maintenait en détention préventive dans le cadre de ce dossier, a constaté le parquet à l’audience lundi.
“Violation grave du secret du délibéré”
Alors que les juges s’étaient reclus en chambre du conseil pour débattre à huis clos sur l’arrestation immédiate de Bilal H., la procureure a frappé à la porte, puis elle est entrée d’initiative dans la salle du délibéré pour demander aux juges de rouvrir les débats sur l’arrestation immédiate de Raphaël C., qu’elle avait oublié de requérir, rapporte Me Olivier Martins.
Bilal H. étant en fuite depuis dimanche à 23h00, soit la veille du prononcé, la procureure a requis son arrestation immédiate. Elle n’a pas fait de même pour Raphaël C., qui était présent à l’audience lundi et qui est détenu sous modalité électronique pour une autre cause. Sans demande d’arrestation immédiate, Raphaël C. n’est donc pas détenu pour sa condamnation à 15 ans pour la tentative d’assassinat.
En s’introduisant en chambre du conseil pour rattraper son erreur, la procureure a cependant commis une “violation grave du secret du délibéré”, dénoncent Me Olivier Martins et Me Sophia Robillard. Le duo dénonce aussi une atteinte à la séparation des pouvoirs.
Une représentante du ministère public ne peut pas interférer dans la magistrature assise et ne peut dès lors pas entrer dans la salle où les juges délibèrent, rappellent-ils.
► Lire aussi | Nouveaux coups de feu à Anderlecht : une personne blessée (22/03/2025)
Dans la nuit du 21 au 22 mars 2025, plusieurs coups de feu ont été tirés vers 02h00 place Bizet à Anderlecht. Un jeune homme, R.L., a été blessé par balle à l’abdomen.
Raphaël C. et Bilal H. ont été condamnés lundi pour cette tentative d’assassinat, qui n’a pas été commise dans le contexte de la guerre de territoires entre les points de vente de stupéfiants de Bruxelles, avait rappelé le parquet pendant les débats.
Le 22 mars 2025, Raphaël C. était en état de récidive légale. Il avait été libéré 13 jours auparavant après plusieurs mois de détention pour trafic de stupéfiants.
Bilal H. était également en récidive légale, sur un fait de meurtre. Il avait été condamné le 17 février 2017 par la cour d’assises de Bruxelles à 21 ans de détention pour le meurtre d’Artur Rifa (35 ans), tué le 20 mai 2013 dans la station de métro Rogier.
Avec Belga – Photo : Belga Image
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“Des agressions gratuites” lors de la Fête de la musique à Aumale : quatre blessés transportés à l’hôpital
21 juin, par Maxime Dieu
La Fête de la musique a dégénéré, ce samedi soir, sur le parvis de la station de métro Aumale à Anderlecht. Lors de cet événement festif, où plusieurs concerts étaient organisés, des individus se sont montrés agressifs avec le reste du public et les organisateurs.
“Plusieurs spectateurs ont été insultés, attaqués à l’extincteur, ont reçu des œufs sur la figure“, raconte sur Facebook l’échevin à la Culture, Julien Milquet qui déplore “des agressions gratuites.”
“Plusieurs coups violents ont été portés par plusieurs personnes à certains organisateurs : 4 ont fini à l’hôpital en sang et un autre a été retrouvé inconscient au sol en raison de la violence subie“, précise également l’élu. Les victimes ont été transférées à l’hôpital, mais aucune urgence vitale n’a été signalée. Tous sont sortis ce dimanche.
“Hier soir, vers 22h30, nos équipes ont été appelées pour intervenir à la suite d’une bagarre survenue lors de la Fête de la Musique à Aumale“, a indiqué la zone de police locale. “Quatre personnes ont été blessées et un suspect a été privé de liberté. Une enquête est en cours afin de déterminer les circonstances exactes des faits“, ont ajouté les forces de l’ordre.
“Il va de soi que nous allons porter plainte à la police contre les personnes qui ont commis ces agressions“, précise Julien Milquet.
► Lire aussi | Fête de la musique: les concerts prévus vendredi au parc du Cinquantenaire annulés en raison de la météo
L’année passée, déjà, des artistes avaient été menacés de mort, rappelle l’élu anderlechtois. Face à cette insécurité, il annonce que la Fête de la musique n’aura plus lieu à Aumale l’an prochain : “Nous ne prendrons plus la responsabilité d’organiser quoi que ce soit à cet endroit étant donné les risques et les événements inqualifiables d’hier soir, du moins tant que la sécurité sur place ne sera pas assurée a minima“.
Le centre culturel d’Anderlecht évoque, de son côté, un “regrettable incident survenu en fin de soirée” et adresse un message de soutien aux victimes mais souhaite également souligner que cette Fête de la musique aura été avant tout “un évènement joyeux, rassembleur et chaleureux“.
BX1 – Photo : Facebook – Escale du Nord – Centre culturel d’Anderlecht -
Foyer anderlechtois : Le conseil d’administration n’a pas pu délibérer, faute de quorum
20 juin, par Jimmy Foucault
Le conseil d’administration du Foyer anderlechtois convoqué en urgence vendredi n’a pas réuni le quorum requis pour délibérer valablement, annonce la société de logement social dans un communiqué.
Cette réunion devait notamment examiner la ratification de décisions prises le 15 juin, dont la régularité fait l’objet de contestations et de procédures en cours.Lundi, le conseil d’administration a décidé de suspendre temporairement l’actuel président Lotfi Mostefa (PS) et de le remplacer par la vice-présidente Marcela Gori (MR). Absente à cette réunion, l’aile socialiste du CA et la direction contestent la validité de cette décision.Vendredi, le conseil d’administration n’a donc pas pu se prononcer sur les points inscrits à l’ordre du jour. Le Foyer Anderlechtois rappelle que “toute régularisation doit s’inscrire dans un cadre juridiquement sécurisé, conforme aux statuts, aux principes de bonne gouvernance et aux observations de l’autorité de tutelle”.Belga
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Baignade en plein air : où en sont les projets bruxellois ?
19 juin, par Jimmy Foucault
Bruxelles rêve toujours de baignade en plein air.
Depuis la fin de Flow, la piscine éphémère qui a animé quatre étés entre 2021 et 2024, plus rien n’a bougé sur le dossier des zones de baignade dans la capitale. La dalle de l’installation est encore visible, mais c’est tout ce qu’il en reste.
La nouvelle déclaration de politique régionale affiche pourtant l’ambition de poursuivre les réflexions sur le sujet. Plusieurs projets sont dans les cartons.
À Anderlecht, un étang à Neerpede pourrait être aménagé, mais le permis délivré est gelé depuis deux ans, des riverains ayant saisi le Conseil d’État.
Toujours à Anderlecht, c’est le projet des abattoirs qui apparaît aujourd’hui comme le plus avancé : une piscine partiellement ouverte est prévue au-dessus de la future Manufacture, dans le cadre d’un partenariat public-privé associant des fonds flamands. Un marché public devrait être lancé prochainement, selon Ans Persoons, secrétaire d’État en charge de l’Environnement et le dossier devrait passer en gouvernement dans les prochaines semaines.
Le canal figure également parmi les pistes envisagées, notamment au sud de la ville où la qualité de l’eau est jugée suffisante.
Quelle que soit l’option retenue, il faudra encore patienter : une concrétisation avant la fin de la législature, en 2029, semble être l’horizon le plus réaliste.
■ Reportage de Thomas Dufrane
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Fouad Ahidar critique la commission d’enquête du Foyer anderlechtois : “Ça part dans tous les sens”
19 juin, par Camille Tang Quynh
Fouad Ahidar, député bruxellois pour la Team Fouad Ahidar, était l’invité de 8h15 dans Bonjour Bruxelles. Il répondait aux questions de Fabrice Grosfilley.
Interrogé sur la commission d’enquête sur le Foyer anderlechtois, le député bruxellois et membre de cette commission d’enquête regrette son fonctionnement. “Elle commence mal… Mais si ça commence mal et que ça se termine bien, c’est tant mieux. Mais pour le moment, on ne sait pas très bien où on va…“, explique d’entrée Fouad Ahidar.
Pour le député, le problème réside dans les dérogations. “Tout le monde propose des noms de personne pour pouvoir être entendue. C’est très bien. Mais à un moment donné, on doit aller à l’essentiel et inviter les personnes directement concernées par cette affaire. On nous a expliqué comment fonctionnent les dérogations. Et les questions, ce sont les dérogations. Aujourd’hui, il y a des centaines de dérogations, il faudrait les rassembler et voir s’il y a eu défaut, si des déclarations qui ont été faites n’étaient pas correctes, ou si on a ajouté des points supplémentaires pour faciliter les attributions.”
Autrement dit, d’après Fouad Ahidar, la commission doit se centrer sur les problèmes des dérogations et arrêter de vouloir brasser trop large. “Cela part dans tous les sens. On parle d’une trentaine de personnes qui sont invitées. On fait un rythme de trois réunions par semaine, on parle même de quatre réunions par semaine. On veut rajouter le samedi dans certains cas… Cela me pose vraiment un problème. Ce n’est pas parce que des gens ont chipoté je ne sais où à un moment donné, que les travaux parlementaires doivent ralentir. On a autre chose à faire.”
Pour lui, la commission tourne en rond : “Aujourd’hui le parquet est en train de travailler sur ce dossier-là. On nous a expliqué comment fonctionnent les dérogations et comment certaines personnes pouvaient peut-être abuser de leur pouvoir pour donner des avantages. Je pense qu’il faut arrêter. Maintenant, il faut passer à l’essentiel : inviter les personnes directement accusées et voir si ces gens-là ont des choses à dire ou à nous apporter en plus.”
> Notre dossier sur le Foyer anderlechtois
Rédaction