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Nucléaire : quelles réserves ?

D 14 mars 2010     H 11:51     A François Rygaert (aka Suske)     C 2 messages


Il est de bon ton désormais, "quand on ne fait pas d’idéologie" (sic), de relativiser fortement les dangers mortels du nucléaire, tout particulièrement en regard de la problématique climatique... Le nucléaire serait une alternative, une solution ? Mais à quoi ? Pour combien de temps ? A quel prix ?

L’électricité : qui qu’en veut ?

Tout le monde, bien entendu. Dans le monde entier. La "demande" explose dans de nombreux pays, à commencer par la Chine (14% de croissance de la consommation électrique en 2007 : http://www.ambafrance-cn.org/1-Cont...). Il est peu douteux que de tels pays vont se tourner davantage vers le nucléaire : il s’agit incontestablement d’une source énergétique qui permet d’atteindre des sommets en matière de production électrique.

Corollaire : la demande d’uranium (le minerais utilisé dans les centrales nucléaires) va suivre... Et il faudra "partager" car il s’agit d’un minerai, donc d’une ressource limitée. Donc, "un jour", il n’y en aura plus. Vu les quantités d’électricité produites par ce moyen, plus dure sera la chute. La question, sur ce plan, n’est donc pas de savoir si on devra se passer du nucléaire tel qu’on le connait aujourd’hui. C’est de savoir quand...

L’uranium : combien de temps encore ?

Cela va être comme pour le pétrole tiens. Le thème reviendra à l’avant plan, de temps à autres, en fonction des circonstances, des découvertes de gisements, des communications et des stratégies des multinationales qui sont dans le business...

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Gaz de France - les enjeux
- Evolution et tendances de la demande mondiale en énergie
- Les énergies et leur avenir

Voici un point de vue que je vous soumets : une recomposition d’un texte publié en 2008 par Suez - Gaz de France sur leur site "vitrine" www.lenergiecreative.com mais qui a malheureusement été supprimé depuis.

Ce plaidoyer pro domo pour défendre les mérites du gaz naturel contenait aussi un analyse courte et globale des demandes énergétiques mondiales et des informations sur « les énergies et leur avenir ». Il me semble typique de la tactique habituelle qui consiste à mettre en évidence un besoin de « rationnement » (pratique quand on tient les manettes des prix...) tout en ne parlant absolument pas d’épuisement de ressources. [1]

Quoiqu’il en soit, en l’état actuel de nos connaissances, cela reste une ressource limitée.

Ces silences qui disent beaucoup

Après la campagne médiatique honteuse mais diablement efficace de nos chers industriels du nucléaire, après le vent d’inquiétude soulevé par l’émergence dans le grand public des questions climatiques, après la décision scandaleuse de prolonger de 10 ans la durée d’exploitation de nos centrales périmées, après la campagne médiatique "informationnelle" en cours à propos de la technologie "EPR", le moment sera venu de se souvenir de ce qui n’as pas ou peu été abordé au cours des 3 ou 4 dernières années. La réponse : le volume des réserves, les incidents "mineurs" survenus dans les centrales, l’insécurité provoquée par le nucléaire, l’absence de solution concernant les déchets. Le secteur trace son chemin, amène dans l’espace public ce qui l’intéresse, surfe sur la vague du moment avec talent, formate les discussions dans le sens qui lui convient. A l’arrivée : investissements publics massifs et profits privatisés. Les problèmes et déchets seront pour les générations futures, il y aura des solutions, celles que l’on attend depuis 40 ans ou d’autres, faisons confiance à ceux qui savent.

Mieux avec moins

L’approche écologiste et environnementaliste de cette problématique est fondée de longue date sur ce postulat : en matière d’énergie, on peut et il faut faire mieux avec moins. C’est ce postulat que d’aucuns aiment à ramener à "avec les écolos, si on les laisse faire, tout le monde devra bientôt s’éclairer à la bougie". Ce genre de feintes nous a permis de perdre un paquet d’années dans bon nombre de domaines, merci. Voire les ampoules à basse consommation, par exemple. Dans un autre secteur, on pourrait aussi rappeler que si la fin des années 70 a vu un certain nombre de constructeurs automobile mettre "la paquet" sur la baisse de consommation, ce ne fut que feu de paille et la sortie des années 80 a permis une splendide marche-arrière concrétisée par le retour au "plus c’est gros et lourd, plus c’est mieux". En la matière, sans politique volontariste on perd du temps : c’est testé.


[1Merci à Marc Saint Aroman de m’avoir permis de découvrir l’effacement du lien

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