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Votre enfant entre à l’école primaire ? Inscrivez-le déjà à l’école secondaire !

D 24 octobre 2005     H 17:02     A François Rygaert (aka Suske)     C 0 messages


Pour ce qui est de la crèche, je suppose que vous aviez comme il se doit procédé à l’inscription avant la conception...

Il y a comme un problème au royaume du libre choix de l’école. Des écoles inscrivent désormais les enfants pour la rentrée 2007 (2006 est complet). D’autres pratiquent la quasi lotterie ou la sélection sur résultats.

J’imagine que dans le même temps certaines écoles ont dû fermer des classes en septembre, par manque d’effectifs [1] .

Quelques pratiques

Inscription précoce et caution

Pour l’école, inscrire (très) tôt, c’est une garantie de ressources, une forme de réduction de l’incertitude... De plus, afin d’éviter les discriminations, le législateur a fixé que le moment de la demande d’inscription doit être prépondérant. Donc, comme certains parents sont prêts à inscrire leur enfant "bien à l’avance", on applique le principe du premier arrivé, premier servi.

Le résultat est clair : pour être sûrs de pouvoir choisir une "bonne" école, les familles conscientes du problème s’y prennent de plus en plus tôt. Résultat, ces écoles étaient complètes quelques mois avant la rentrée il y a 10 ans, 1 an avant la rentrée en 2000, 2 ans en 2005...

Evidemment, l’augmentation du délai entraîne l’augmentation des "désinscription", souvent non signalées. C’est un problème pour les écoles et donc, certaines demandent en outre une "caution", une somme facturée à titre de frais administratifs et qui sera perdue en cas de désinscription.

Inscription par concours téléphonique

Ailleurs, pour éviter cet effet de délai, on inscrit seulement un jour donné quelques mois avant la rentrée, par téléphone ou par guichet. Le principe est simple. On ouvre la ligne ou le guichet, les gens appellent ou reçoivent un ticket. Quand les places disponibles sont occupées, on prend une courte liste de réserve et puis c’est fini.

Inscription sur certificat

Ce système se passe également en cours de 6ème primaire. Il est moins joli, paraît-il, en regard de l’égalité des chances. Votre enfant a déjà quelques bulletins de sa dernière année de primaire ? Eh bien, il faut en amener copie. Si les scores sont au-dessus des 90%, je vous prédis le succès. En-dessous de 65%, autant ne pas y aller sauf si vous êtes un as de l’argumentation, et encore... Entre les deux, tout dépendra de l’humeur du jour, de l’impression que vous donnez et surtout du nombre de place disponible... Peu de places ? 80% c’est mieux. Beaucoup de places ? 70% cela devrait aller. Toute la subtilité ici est d’être convaincant : l’école n’a pas le droit de refuser l’inscription sur base des bulletins.

L’origine

Pourquoi certaines écoles se retrouvent-elles à devoir limiter les inscriptions ? C’est clair : elles ont la réputation d’être de "bonnes" écoles, disons des écoles où l’enfant supposé avoir de bonnes capacités d’apprentissage maximisera ces dernières et sera donc bien préparé pour les études supérieures, si possible universitaires. Et en tant que telles, elles se retrouvent facilement "complètes". Impossible de repousser les murs pour agrandir chaque année.

Le phénomène n’est certes pas nouveau mais ce qui interroge, c’est la croissance du délai de prudence, là où l’on pratique les inscriptions (largement) anticipées. En principe, nous avons donc le choix de l’école. En pratique, nous avons le choix si on s’y prend 2 années à l’avance. Et il m’est revenu que ce délai aurait doublé depuis 5 ans. Boutade : à ce rythme, mes enfants devront inscrire les leurs selon le titre de ce billet.

Notez bien que si les autres systèmes peuvent paraître plus raisonnables, il ne sont pas non plus exempts de défauts. Mais existe-t-il un bon système pour limiter les inscriptions ? Le vrai problème est ailleurs, je le crains...

Qu’est-ce qu’une bonne école ?

A mon sens, la cause de tout ça est en partie le développement des écoles ... comment dire ... hétéro-culturelles ? Je veux dire qu’il y a de plus en plus d’une part des écoles où les enfants vont parce qu’elles sont dans leur quartier, d’autre part des écoles où les enfants vont parce que les parents les ont choisies. Ce deuxième cas est à mon avis fort prisé par la classe moyenne. Si vous vous déplacez en auto et tout ça, que vous avez un enfant dont vous espérez qu’il fasse des études supérieures et tout ça, vous choisirez une école à la réputation de bien former des écoliers qui seront prêts à "affronter" le supérieur... Logique.

Naturellement, cette réputation c’est quelque chose de subtil. On ne parle pas de statistiques et de toutes façons, ces stats ne seraient pas forcément facile à établir tant on sait que les enfants de classes plus populaires vont moins à l’unif que les enfants de médecins ou d’avocats. Comme de toutes façons ces enfants sont moins bien répartis que par le passé (la ville duale, vous avez entendu parler ?), les premiers se retrouvent en quelque sorte dans des écoles de milieu populaire, les seconds dans des écoles de classe moyenne (-sup)... Et donc, s’il reste difficile de voir qui forme qui le mieux, l’impression est claire.

Conclusion : pour être sûrs que l’école de leur chérubin sera celle qu’ils souhaitent, de nombreux parents inscrivent leurs enfants plus tôt qu’avant, c’est-à-dire aujourd’hui : deux ans avant la fin des primaires...
Deux ans c’est long, donc il arrive que le choix initial soit modifié. Du coup, il peut arriver que le nombre d’élèves soit insuffisant et entraîne une diminution du "capital-périodes", ce savant calcul qui permet de savoir combien d’heures de cours peuvent être données en fonction du nombre d’élèves inscrits. Du coup, certains utilisent l’argument financier (frais d’inscription, perdus en cas de désinscription) et/ou le système de listes d’attentes, sorte de seconde chance aléatoire pour ceux qui n’ont pas eu l’idée d’inscrire en secondaire leur enfant qui sortait de 4ème primaire...

En matière d’égalité des chances et de non discrimination, il y a des choses à redire. Cela au moins est clair.


[1Je le suppose, quoique je n’ai pas d’infos à ce sujet.

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